Par tradition, le Salon du Livre à Paris et la Fête du Livre à Marseille ont lieu au début du printemps. Est-ce la saison idéale pour inciter à la lecture? En Belgique, les grands-messes pour lecteurs et éditeurs se tiennent en novembre, moment plus opportun, semble-t-il.
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Par tradition, le Salon du Livre à Paris et la Fête du Livre à Marseille ont lieu au début du printemps. Est-ce la saison idéale pour inciter à la lecture? En Belgique, les grands-messes pour lecteurs et éditeurs se tiennent en novembre, moment plus opportun, semble-t-il. Le 23ième Salon du Livre avait comme invitée d'honneur la littérature de Flandre et des Pays-Bas. Le pavillon 'Phares du Nord' présentait les £uvres d'une cinquantaine d'auteurs, toutes générations confondues. En version originale comme en français, car le nombre de traductions d'ouvrages néerlandophones parues chez des éditeurs français a presque triplé en l'espace de dix ans. Un autre aspect au Salon du Livre de Paris qui passe pour un des plus grands avec 300 éditeurs venus de 25 pays: les amoureux de la littérature et de la liberté s'y inquiétaient du sort réservé au poète cubain Raúl Rivero, arrêté et emprisonné en cours de semaine. Quelques critiques dans ses poèmes, des initiatives pour une presse indépendante et pour des élections libres lui valent les rigueurs du régime en place à La Havane. Le contraste entre deux mondes devient tangible en constatant le succès populaire du dernier ouvrage du redouté Jean Montaldo, Le Marché aux Voleurs, paru fin février chez Albin Michel. L'auteur y accuse nommément les banques et les banquiers, les commissaires et les agents boursiers, d'avoir plumé à bon escient les petits investisseurs. Jean Montaldo n'en est pas à son coup d'essai. Cela fait trente ans qu'il s'applique à décortiquer, dans un style flamboyant, des manigances politico-financières dont les acteurs préféreraient à coup sûr qu'elles soient passées sous silence. La France entière se souvient encore de la mise en cause de François Mitterrand et de son entourage dans Mitterrand et les 40 voleurs. Le point de départ en était la mort de François de Grossouvre, retrouvé 'suicidé' dans un bureau de l'Élysée. C'était en 1994; le Président était encore en fonction. La liberté de la presse, la liberté d'expression tout court, que c'est beau! À condition évidemment de respecter le vieil adage: "Les commentaires sont libres, les faits sont sacrés. "à bon escient: welbewust; décortiquer: uitpluizen; manigance (f): intrige, gedoe; nommément: met naam en toenaam; rigueur (f): strengheid; tangible: tastbaar, merkbaar; valoir (hier): opleveren.